L’aqueduc dans les bois de Remoulins

Localisation. Carte IGN 1941 est, Remoulins – Pont du Gard.

Cette partie de l’aqueduc est plus difficile à appréhender que celle qui s’étend le long des arches de la Lône ou du Pont Roupt à Vers-Pont-du-Gard Pour visiter ces 4 ou 5 kilomètres d’aqueduc, il faut prévoir 4 à 5  heures de marche le long de sentiers qui ne suivent pas toujours les vestiges.

Dessin " L'aqueduc du pont du Gard" - P. 127. Auteurs C. Larnac et F. Garrigue

Dessin  » L’aqueduc du pont du Gard » – P. 127.
Auteurs C. Larnac et F. Garrigue

Dans cette garrigue, l’aqueduc serpente au gré des méandres qu’imposent les onze vallons. Parfois, le canal ne suit pas la courbe de niveau jusqu’au fond du vallon. Après étude, les Romains ont décidé de couper court en édifiant un pont. L’implantation de l’aqueduc le long des bois de Remoulins posait de délicats problèmes au librator : serpenter en courbes de niveau économise des ouvrages ou en diminue l’importance, mais ajoute de la longueur et tend à réduire une pente déjà très faible.

Le Pont de la Combe Valmale

Localisation. X = 776,6 ; Y = 3 185,2.

C’est le premier de  la série à partir du pont du Gard nous pouvons couper court en empruntant le tunnel du Pouzin. Nous découvrons le premier vallon des bois de Remoulins, ce vallon de Valmale qui limite les communes de Vers-Pont-du-Gard et de Remoulins. Au bout de quelques dizaines de mètres, sur la droite, accrochés à la colline, des vestiges de l’aqueduc retiennent l’attention du visiteur, tant le virage amorcé est osé et la finesse de la construction remarquable. Les concrétions occupent en volume une partie importante du canal. La partie libre est de l’ordre de 30 centimètres. Le chemin s’engage droit dans une tranchée, que prolonge un second tunnel du plan Bravay, interrompu par l’abandon du projet.

Poursuivons le sentier. Nous apercevons la culée d’un pont romain qui supportait l’aqueduc sur la gauche du sentier qui amorce la tranchée. Ces vestiges constituent la partie amont du pont de Valmale, restauré en 1998.

Il comportait une seule arche de dix pieds romains d’ouverture (2,96 m), dont la partie supérieure a disparu.

Le sentier qu’il enjambe est le GR 6 (grande randonnée).

A partir du pont de Valmale, on peut rejoindre les abords fréquentés du pont du Gard en redescendant le chemin au bas du vallon. Pour continuer à suivre l’aqueduc en longeant ses vestiges, dégradés mais pleins de noblesse, nous prendrons le sentier sur la gauche du pont de Valmale.

On peut apprécier la réflexion du librator (le géomètre romain) qui a choisi l’intermédiaire optimal entre un très grand pont au bas du vallon et un canal épousant toute la courbe de niveau, au risque de barrer le passage aux voyageurs, aux troupeaux, et à l’écoulement des gros orages.

De la combe Valmale à la combe Roussière

Distance .700 mètres.

Durée. De 20 mn à 50 mn

Meilleur moment. Le matin

Difficulté.         Aucune.

Dès le départ de l’aqueduc, en aval du pont de Valmale, le canal tourne à angle droit vers la gauche. A la hauteur du coude, les concrétions sont très épaisses. Elles occupent les quatre cinquièmes du canal et ne laissaient à l’eau que 27 cm d’espace libre. C’est, à notre connaissance, un des points les plus obstrués de l’aqueduc. Arrivé au point le plus haut, le sentier tourne à droite et laisse apparaître l’aqueduc coudé qui se faufile vers l’est. 

Deux points de vue dominants sur le pont du Gard :

– De ce point panoramique la colline à  gauche le cache en partie.
– Un second point de vue, plus surprenant encore, se situe à une centaine de mètres. Pour y parvenir, nous poursuivons le sentier vers l’aval (Remoulins) que nous abandonnons 10 mètres plus loin, pour emprunter une travée, à gauche, qui aboutit à ce point d’observation.

Revenus sur le sentier qui longe l’aqueduc, nous nous dirigeons vers la combe Roussière. Nous longeons, sur la droite de nombreux vestiges en partie enterrés.

 

Le pont de la combe Roussière

Localisation. Carte IGN 2941 est – Remoulins- Pont du Gard.

Culée amont : X = 776,93 ; Y = 3 185,32

Le pont, trop proche de la route, a disparu, lui aussi transformé en carrière. Il ne reste du monument que les culées amont et aval construites en petit appareil de moellons taillés dans la molasse.

Ce pont devait atteindre 25 mètres de hauteur, environ ; il était plus haut que les arènes de Nîmes et s’étendait sur une centaine de mètres. Pour passer d’une culée à l’autre, emprunter le sentier en pente douce, 10 mètres avant la culée amont sur la gauche.

 De la Combe Roussière à la Sartanette

C’est par un virage à angle droit sur la gauche, que l’aqueduc poursuit son parcours, en partie enterré dans la garrigue.

Les concrétions détachées des parois gisent sur le fond du canal qu’elles obturent en partie. Cent mètres, après un détour sur la droite, on découvre un sondage réalisé par Dhombre7 qui, en 1844, avait exploré quelques tronçons de l’aqueduc entre Nîmes et le pont du Gard dans le but d’en réutiliser une partie pour capter l’eau du Gardon et la conduire jusqu’à Nîmes.

Le pont de la Sartanette apparaît au fond du vallon, à 300 ou 400 mètres de nous. Les  pierres prélevées ont laissé leurs empreintes sur les concrétions.

Le sentier, parallèle à l’aqueduc, se situe sur la courbe de niveau des 64 – 65 mètres. Il suit le versant un peu raide mais ne présente pas de danger.

On franchit une première et légère dépression, ensablée par le vent du nord qui y transporte du sable du Gardon lorsqu’il souffle en rafale. Le paysage en subit les conséquences et la végétation aussi.

Plus haut, à droite, se situe la grotte préhistorique de la Sartanette ; en contrebas, sur la gauche, le vallon dans lequel nous allons descendre. L’accès est facile et nous évite de marcher sur le pont romain de la Sartanette qui n’est pas un viaduc.

Le Pont de la Sartanette 

Localisation. X = 777,1 ; Y =3 184,75

Accès.  

– Par le sentier que nous décrivons à partir du pont de Valmale,

– A partir de la D 981, que l’on quitte à la hauteur du panneau d’entrée “ Remoulins ” (ce panneau est placé à un bon kilomètre du bourg), soit 500 m de marche facile pour atteindre le pont.

Le pont de la Sartanette, restauré en 1998, est formé d’une seule arche de 4 m d’ouverture. Le monument laisse voir la diversité de sa structure : tout venant à l’intérieur, moellons de molasse bien taillés en parement. Le pont de 32 m se comporte comme un verrou dans la partie médiane du vallon. L’aqueduc poursuit son chemin en aval dans la direction du nord-ouest vers le ponceau. C’est un itinéraire à éviter, car périlleux pour le visiteur et pour l’ouvrage qu’il faudrait escalader. On doit redescendre vers la route et s’engager dans la vallée suivante pour atteindre ce monument compact,  d’aspect inattendu.

 

De la Sartanette au ponceau 

On se trouve alors dans le sixième vallon, celui du Ponceau. Il suffit de suivre le sentier ascendant. Un “raidillon” de moins de cent mètres et nous voyons sur le sol deux traces parallèles bien caractéristiques, ce sont les parois de l’aqueduc. Le ponceau se découvre à quelques mètres sur la droite.

Le ponceau 

Localisation. X = 777,23 ; Y = 3 184,97)

Durée de la visite. En une heure et demie, il est possible, à partir de la D 981 de s’y rendre, de le voir, d’atteindre le point panoramique décrit page suivante et de revenir sans fatigue, le long d’un sentier de garrigue.

Ce monument de dimensions réduites, est plaisant. Il s’imposait simplement pour la passage aux eaux de ruissellement.

2,5 mètres de haut en son milieu, 25 mètres de long, il s’appuie sur le fond du vallon. Ses trois arches de petites dimensions, limitées par des piédroits rigides surmontés de grandes dalles. Découvert en 1987 par les archéologues du CNRS, il se comportait eu simple mur de soutènement.

Du ponceau à la combe Joseph 

Il n’est pas possible dans des conditions normales de sécurité de se rendre du Ponceau à la combe Joseph à travers bois. Mais avant de rebrousser chemin, il est possible d’atteindre, en 15 minutes, la crête de la colline en continuant le sentier sur lequel nous nous trouvons. Nous profiterons alors d’un superbe panorama sur le pont de la combe Joseph dans le bas, mais au loin sur le plateau de Saze, la plaine de Fournès, la Montagnette, le mont Ventoux. 

Le Pont de la Combe Joseph 

Localisation. X = 777,27 ; Y = 3 184,6

Ce pont ne comporte qu’une arche de 4,1 m d’ouverture. A observer le doublage en moellons taillés dans la molasse, affecté par l’épierrement des récupérateurs, la couche de mortier de tuileau répartie en deux phases qui témoignent les travaux de restauration appliqués à l’aqueduc dès le début de son fonctionnement.

De la Combe Joseph à la Combe Pradier 

Redescendre le vallon jusqu’à la D 981, située à 500 ou 600 mètres. Longer cette dernière vers Remoulins sur 200 m environ.  Un sentier à droite, en face du chemin vicinal qui mène à la Couasse, conduit au vallon suivant, celui de combe Pradier qu’on atteint en un quart d’heure de marche. 

Le pont de la combe Pradier 

Localisation. X = 777,45 ; Y =3 184,5 

Ce pont met en évidence trois arches superposées : l’arche primitive doublée par une arche de dimensions moindres, laquelle à son tour encadre une toute petite arche à barbacane. Quelques voiles de concrétions tapissent les façades. C’est un vieux pont abandonné, le canal est démoli, les pierres ont disparu, le chemin traverse l’ouvrage.

L’ouvrage de la combe n°9 

Localisation. X = 777,71 ; Y =3 184,47

La visite de cet ouvrage intéresse ceux qui veulent tout connaître.

Pour l’atteindre, il faut impérativement reprendre la D 981 vers  Remoulins jusqu’à un chemin sur la droite que barre une chaîne, et réservé aux véhicules des pompiers (DFCI). Nous le remonterons à pied sur  la rive gauche du vallon sec. Après 100 ou 120 mètres, le chemin tourne à droite. Les vestiges apparaissent au une vingtaine de mètres. Au bout de ces 20 mètres nous découvrons l’ouvrage de la combe n°9.

Il ne s’agit pas d’un pont mais d’un arc maçonné qui s’appuie sur le versant de la colline. Cet ouvrage délaissé est oublié derrière une végétation qui l’envahit.

Sur le chemin du retour, à gauche de la voie d’accès aux citernes de lutte contre l’incendie, à une cinquantaine de mètres de la sortie du sentier, les plus motivés iront voir une paroi de l’aqueduc incrustée dans le rebord du chemin.

 

Le pont de la Combe de Gilles 

Localisation. X = 777,80 ; Y = 3 184,37.

C’est un pont de faible hauteur, qu’on ne voit de nulle part et auquel aucun sentier ne mène.

Protégé par une végétation presque impénétrable où la salsepareille abonde au milieu des chênes verts, il est isolé dans une nature peu fréquentée. Il enjambe le vallon par une arche voûtée de petites dimensions, pochée par quelques concrétions dans sa concavité. Le doublage de la paroi gauche est bien visible vers les extrémités.

C’est le dernier ouvrage des bois de Remoulins présentant un doublage  apparent.

L’ouvrage du vallon n° 11 

Localisation. X = 777,86 ; Y = 3 184,22.

Pour l’atteindre, après avoir quitté la D 981, 200 mètres avant le pont routier de Remoulins,  on parcourt sur 250 mètres le chemin des Arbousiers, qui gravit les premiers contreforts de la colline. Arrivés à un virage en épingle à cheveux nous quitterons ce chemin pour un sentier buissonneux, droit mais escarpé, qui aboutit en 40 mètres à ces beaux vestiges.

Se développant selon un arc largement ouvert, la paroi droite subsiste, engagée dans le versant de la colline. La paroi gauche a disparu. Les piédroits ont été démontés, les concrétions récupérées, il ne subsiste que des lambeaux de mortier de tuileau  fragiles et friables, dont plusieurs jonchent le sol. Le moindre coup suffirait à les détruire. L’ouvrage est en péril.

De puissants contreforts bâtis en petit appareil le renforçaient dans sa concavité. La construction est intéressante. Sa finesse, son dessin, l’environnement lui confèrent une beauté attachante.

Au-delà, tout au bout du chemin des Arbousiers, sur la droite à quelques mètres des premiers réservoirs du château d’eau de Remoulins, on peut voir des vestiges qui ne présentent d’intérêt que pour ceux qui souhaitent acquérir une connaissance complète de l’aqueduc. Une plaque de mortier de tuileau au ras du chemin et, deux mètres plus loin, un parement de toutes petites dimensions révèlent l’existence du tracé de l’aqueduc.

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