Quand Bornègre coule

 

Dans la commue d’Argilliers (Gard), à la limite de celle de Saint- Maximin, l’exsurgence de Bornègre débite 5000 litres d’eau par seconde ce qui attire de nombreux visiteurs pour voir ce phénomène rare dans une garrigue aride, couverte de calcaire et de chênes verts.

Le gouffre
Pièce maîtresse du site. Pour l’atteindre, suivre un sentier qui monte parallèlement au lit du torrent. Bornègre est une source intermittente, issue d’un réseau souterrain alimentée par un siphon qui s’amorce après des pluies torrentielles et prolongées.
Cet exutoire est précédé d’une salle de quatre mètres de haut sur deux de large, difficilement accessible pour des amateurs non équipés.
Le plateau au-dessus est parsemé d’une vingtaine de mines de phosphates qui ne sont plus depuis 1923.

Le torrent

Ce torrent presque toujours à sec recueille toutefois les eaux du gouffre de Bornègre et du ruisseau temporaire de Picouvert qui descend du plateau de Saint-Siffret. Presque toujours à sec, sauf par temps de pluies où il développe une force considérable dont les Romains ont tenu compte lorsqu’ils ont construit le pont qui le franchit.
On compte une douzaine de boulidous, petites sources temporaires, écumantes qui s’amorcent aux abords du grand gouffre en périodes pluvieuses.

 Le pont de Bornègre
Trois arches supportaient l’aqueduc aujourd’hui disparu. Seule l’arche centrale est dégagée. L’arche d’aval (côté Argilliers) est bouchée par des détritus terreux, l’arche d’amont (Saint-Maximin) est colmatée par des concrétions qui se sont formées autour des fuites d’eau dues aux piqûres pratiquées dans les parois de l’aqueduc à l’époque de son abandon (après le IIe siècle).

Les piliers en amont sont protégés par de puissants avant-becs montés en grand appareil, triangulaires, capables de résister aux chocs violents causés par la pierraille charriée par le torrent en crue. En aval, ils sont renforcés par des arrière-becs à section rectangulaire. Les raisons de ces arrière-becs ne sont pas connues. Quelques claveaux* numérotés traduisent le soin apporté à la construction.
Plus en aval du pont, sur la rive droite, on peut voir des dalles romaines utilisées par les cultivateurs pour renforcer la rive.
Le pont est à l’abandon. Les pierres de l’aqueduc ont été récupérées. Ouvert au passage, il a été marqué d’empreintes profondes par les roues des chars et les pieds des chevaux.

La tranchée couverte 
En amont du pont, du côté de la rive droite du ruisseau, à cinquante mètres de l’ouvrage, l’aqueduc apparaît, semblable à un tunnel. Il s’agit d’une portion du canal construite au fond d’une tranchée fermée par une grille et recouverte de terre. Sur les parois on observe les éléments déjà remarqués, piédroits en pierre, mortier de tuileau, pellicule superficielle rouge, mais en plus des dépôts calcaires. C’est à partir de Bornègre que le phénomène des concrétions s’accentue, car jusque-là le calcaire n’a pas eu le temps de se déposer.

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